HISTORIQUE, ILS EN PARLENT
Guillermo Fayed : le local de l'étape
Qu'est-ce que ça te fait de courir à domicile ?
Courir à domicile, c'est incroyable !! Je trouve beaucoup de soutien de la part de ma famille, mes amis, des Chamoniards et des Français. C'est la seule épreuve de vitesse en France et c'est très important pour moi comme pour les autres coureurs de l'équipe de France. Chamonix, c'est une vraie source d'énergie en plus. Je suis à la maison et je dois le faire savoir aux autres coureurs (étrangers surtout). Je skie depuis tout petit sur cette piste, je la connais très bien, et c'était un rêve de gamin de faire cette Verte des Houches. Le rêve s'est déjà réalisé en 2008, vivement 2011 !!!
Peux-tu nous parler de La Verte des Houches ?
Quand on rentre dans la cabane de départ, qu'on se met devant le portillon et qu'on lève les yeux, l'un des plus beaux paysages du circuit s'offre à nous : la chaine du Mont-Blanc. On se lance… Après 3 courbes à grande vitesse on arrive à la cassure où l'on fait un gros saut de 60 mètres. Dès la réception, on se met en ligne pour le passage d'Ericksen puis il faut négocier le virage à 180° de Rocher Blanc. Rapidement on se prépare à affronter le fameux le Goulet, deuxième gros jump où l'on ne voit pas où l'on retombe à cause de l'ombre. Ensuite, il faut gérer les mouvements de terrain de la Bosse à Perrot, du Cluz, et du S à Pessi pour capitaliser un maximum de vitesse dans le plat de la FIS. On franchi la route avec un joli petit saut artificiel pour aller se jeter dans le Schuss Battendier toujours bien gelé et enfin franchir la ligne d'arrivée. Là, on se retourne immédiatement pour apercevoir notre temps et notre place. Et j'espère qu'elle sera très bonne !!!
Antoine Deneriaz, champion olympique de Descente en 2006
« Le Kandahar, sur la piste Verte des Houches évoque beaucoup de choses et principalement l'histoire du ski Français. Pour tous les coureurs, c'est un rêve de faire un bon résultat ici. Encore plus quand on est Français et habitant à quelques kilomètres seulement !
J'ai fait mes premières armes sur cette piste avec ma première descente en ouverture de coupe du monde en 1994. Cette descente a réellement marqué mon parcours. L'année dernière, je me suis blessé lors des entraînements! Pour nous tous, cette semaine à Chamonix est une fête et la météo reste un facteur important.
Nous avons été très sensibles à la motivation et au travail de toute l'organisation sur la piste afin de nous permettre de faire au moins une course ! Alors cette année, il va faire beau et j'espère bien concrétiser un beau rêve ! »
Luc Alphand vainqueur de la coupe du monde générale en 1997
"En France, seules deux stations organisent des coupes du monde de descente masculines, Val d'Isère et Chamonix, la Verte des Houches. Pour les coureurs, disputer une épreuve « au pays » est une véritable source de motivation.
Ma dernière participation en 1997 me laisse un souvenir très fort : Adrien Duvillard avait gagné les entraînements, j'étais deuxième. De nombreux supporters nous soutenaient, l'ambiance était incroyable !
Le jour de la course, j'ai frôlé la chute, puis je me suis battu pour essayer de rattraper mon retard.
À l'arrivée, la joie d'être parvenu au bout de ce tracé très technique, n'a finalement pas été trop ternie par la déception de finir seulement cinquième.
Aujourd'hui le tracé est modifié, c'était une nécessité compte tenu de l'évolution des skis."
Nicolas Burtin, troisième de la Coupe du Monde de Descente en 1998
« Je suis toujours très motivé par la piste Verte. Pour moi, c'est un peu la course « à la maison », je viens ici avec mon public et surtout je la connais vraiment bien. C'est la plus complète du circuit, c'est une véritable descente qui offre toute la panoplie technique de la discipline : gros sauts, passages techniques, successions de courbe, plats etc..
Elle possède tout et surtout de la glisse et de la vitesse. Ce n'est pas la course la plus difficile, en revanche elle demande toutes les qualités d'un bon descendeur. J'ai déjà couru 3 fois sur cette piste en coupe du monde et l'année dernière j'ai tout fait à l'envers. Plus concentré au résultat qu'à la technique, cette année, je vais penser au deux ! »
Guy Perillat
Guy Périllat : « Le Kandahar, une appellation de prestige »
Membre de la grande équipe de France qui a dominé le ski alpin dans les années 60, Guy Périllat a un palmarès qui en ferait rêver plus d'un : double champion du monde, vice-champion olympique il s'est également imposé en coupe du monde et notamment à Chamonix en 1968 sur les pentes de la « Verte des Houches », sans oublier un K de Diamant en 1967.
Que représentait pour vous le Kandahar ?
C'était la course la plus importante après les Championnats du Monde et les Jeux Olympiques, la formule du combiné des grandes classiques comme Wengen ou Kitzbühel. Le format me convenait, je me débrouillais en descente et en slalom. Aujourd'hui, même si le Kandahar a perdu de sa valeur, c'est bien qu'on ait pu conserver une grande manifestation alpine et garder cette appellation de prestige.
La Verte des Houches, une piste mythique ?
Elle fait partie des grandes pistes qui ont été gardées. Elle était le mélange de la vraie descente alpine : des parties glissantes et des parties difficiles. La piste a beaucoup changé depuis les temps où je la descendais, entre 1957 et 1968. On a diminué la difficulté du petit relief par la préparation des pistes. Mais, en même temps, on a augmenté la vitesse. J'ai connu la Verte dans des conditions vraiment très difficiles. C'était de l'équilibrisme de haut en bas. On n'osait pas se lancer. Maintenant, les skieurs sont à fond tout le temps.
Quel est le favori du Kandahar 2012 selon vous ?
S'il tient toujours la même forme, Didier Cuche sera le concurrent à battre sur la descente. Sur le combiné, nos Français on plus de chance. S'ils font une bonne descente et arrivent à limiter les écarts ils peuvent faire une place. On leur souhaite le meilleur.
Marc Battendier : Directeur de piste
Depuis 1978, Marc est directeur de piste. Après 2 années d'absence à cette fonction, il est revenu à ce poste depuis l'édition de 2005.
Quand commences-tu sur le terrain ?
« Dès le début du mois de décembre, nous sommes sur le terrain avec une équipe composée de 15 à 20 personnes. Puis le nombre augmente, on se retrouve très vite 50 puis les derniers jours à 250 ou 300 personnes selon les conditions de neige et de gel. »
Cela fait longtemps que tu officies. Y a t- il eu des changements importants concernant ton travail sur la piste ?
« Il y a eu de nombreux aménagements et c'est surtout au niveau de la sécurité que les choses ont évolué. Cela évolue constamment et c'est tant mieux. Pour le reste, c'est un peu la même chose. Je ne suis pas inquiet, j'ai l'habitude depuis tant d'années !!
Durant ton absence tu as vu la course ?
« Evidemment ! J'ai quand même donné un coup de main pour la descente avec l'équipe des contrôleurs. J'étais placé à la sortie du plat de la Fis...
Je n'avais pas du tout le même stress qu'en étant chef de piste ni la même concentration, alors j'en ai profité pleinement ! Pour le slalom, j'étais à l'arrivée en bas, et là j'ai vraiment pris mon pied. C'est vraiment un beau spectacle ! »
Quels sont les plus beaux passages de la descente ?
« La cassure, le goulet, les deux virages techniques et le Schuss Battendier.. C'est un peu toujours pareil. Toujours très beau et tellement impressionnant ! »

















